“Au tribunal, la chasse aux dronistes de la prison de Luynes finit en flop judiciaire”, La Provence, 19/05/2026

Deux jeunes hommes soupçonnés d’avoir effectué des livraisons par drone aux détenus de Luynes ont été presque intégralement relaxés ce mardi 19 mai 2026, après l’effondrement du dossier que le parquet avait constitué contre eux.

“Cinq avocats retaillés contre un dossier éclopé. Hasard du calendrier, Mohamed K. et Samy K. ont comparu devant la justice ce mardi 19 mai 2026, en pleine opération "défense massive" du barreau de Marseille en protestation au projet de loi Sure. À eux deux, les prévenus ont donc bénéficié de cinq robes noires, décidées plus que jamais à ne rien laisser passer, dans une procédure dont la procureure elle-même a rapidement reconnu les fragilités.

Âgés de 20 et 24, Mohamed K. et Samy K. avaient été interpellés le 9 avril dernier en pleine nuit, par des policiers interpellés par le vol d’un drone aux diodes lumineuses occultées de scotch noir au-dessus de la cité de La Castellane. L’engin volant supportait une bouteille en plastique retenue par un fil de pêche, évoquant les livraisons par drones opérées dans les prisons au bénéfice des détenus (téléphone, stupéfiants…). Et de fait, le numéro de série de l’appareil avait permis de confirmer au moins cinq survols au cours du mois précédent du centre de détention d’Aix-Luynes.

Mais voilà : la justice réclame des preuves pour condamner, et aucune analyse téléphonique, aucun témoignage n’avait pu relier le tandem aux livraisons en prison. Les deux prévenus, aux casiers ornés de plusieurs mentions sans pour autant en faire de grands délinquants, ont contesté toute participation à un tel système. Samy K., interrogé par le tribunal, a affirmé qu’un troisième, véritable pilote de ce vol de La Castellane, avait pu s’enfuir avant l’arrivée de la police.

Au bout du compte, le tribunal a relaxé presque intégralement les deux comparses : Mohamed K. a été condamné pour l’unique infraction d’interdiction de séjour (il était interdit de Marseille par une précédente condamnation) à deux mois de prison ; Samy K., retrouvé en possession de la télécommande de l’engin au mépris des règles de sécurité, s’est vu proscrire le pilotage de drone pendant deux ans.”

https://www.laprovence.com/article/faits-divers-justice/23387989538824/au-tribunal-la-chasse-aux-dronistes-de-la-prison-de-luynes-finit-en-flop-judiciaire

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