“Christopher Bernard acquitté de la tentative de féminicide”, La provence, 18 septembre 2025

“En début d'après-midi hier, l'avocat général de la cour d'assises des Bouches-du-Rhône, Serge Bocoviz, a requis une peine de 22 années de

réclusion criminelle contre Christopher Bernard, accusé d'avoir tenté de tuer sa compagne à l'été 2021 au cours d'une "scène d'ultra-vio-

lence" survenue à Martigues.

L’accusé a été déclaré coupable pour les autres infractions qui lui étaient reprochées, et condamné à 14 années de prison.

Le parquet avait requis sa condamnation totale et 22 ans de réclusion criminelle.

Christopher Bernard est un homme « dangereux ». Au dernier jour du procès devant la cour d’assises des Bouches-du-Rhône de ce quadragénaire pour tentative de meurtre et autres délits, l’avocat général a martelé, le surnommant dans son réquisitoire « l’Attila de la délinquance », ironisant sur le fait que contrairement au personnage historique, « là où il passait, l’herbe repoussait », en référence aux champs de cannabis dans lesquels l’accusé avait été photographié à plusieurs reprises.

Mais Christopher Bernard est aussi un homme innocent de la tentative de féminicide sur son ex-compagne que lui reprochait la justice, après un épisode « d’ultra-violence » survenu le 2 août 2021 dans un appartement de Martigues. Ainsi en a décidé la cour d’assises. Hier dans la soirée, il a en effet été acquitté de la tentative de meurtre et condamné pour les délits secondaires (violences, recel d’arme volée…) à une peine de 14 ans d’emprisonnement.

« Ce sentiment subjectif, je suis sûr qu’il existe. Mais où j’ai un doute, c’est que ça corresponde à une balle passée à 30 cm d’elle, parce que matériellement, ce dossier dit l’inverse », avait-il affirmé.

L’avocat avait surtout décrit son client comme un homme traumatisé par une précédente fusillade dans son logement, en crise paranoïaque et sous stupéfiants lors des faits. Dans une autre réalité, loin, très loin de toute intention homicide à l’encontre de sa compagne. Il a été entendu en partie, car l’altération du discernement de son client, que Me Xavier Pizarro avait plaidée, n’a pas été retenue par la cour d’assises.

En début d’après-midi, hier, l’avocat général de la cour d’assises des Bouches-du-Rhône, Serge Bocoviz, a requis une peine de 22 années de réclusion criminelle contre Christopher Bernard, accusé d’avoir tenté de tuer sa compagne à l’été 2021 au cours d’une « scène d’ultra-violence » survenue à Martigues.

Une enquête aux nombreuses failles

Dans son réquisitoire ce mercredi après-midi, Serge Bocoviz avait requis sa condamnation complète et 22 années de réclusion criminelle, assortie d’une période de sûreté aux deux tiers. Ce magistrat expérimenté du parquet avait défendu la thèse d’une volonté homicide de Christopher Bernard sur Zoé*, sa conjointe de l’époque, sans vraiment trop y croire, s’appuyant sur une enquête qu’il savait carencée, dont les failles, nombreuses, avaient été exposées au cours des débats.

L’avocat général avait notamment estimé que si Christopher Bernard n’avait pas directement visé Zoé en tirant plusieurs coups de feu à travers l’appartement pour se défendre d’un commando armé jusqu’aux dents qu’il croyait caché derrière la porte, il avait bel et bien cherché à tuer, fussent-ils des assaillants imaginaires.

« L’erreur sur la personne, ça ne vous exonère pas de votre responsabilité », avait-il résumé.

En crise paranoïaque lors des faits

En défense, Me Xavier Pizarro avait argumenté la thèse inverse, exploitant les manquements de l’enquête.

« Il est anormal que nous soyons en train de faire de la divination à partir de photos mal ordonnées dans une procédure ! », avait-il notamment protesté.

Zoé, avait-il poursuivi, était venue partager à la barre « sa vérité », racontant qu’elle avait senti un projectile passer à côté de son oreille, la faisant bourdonner et chauffer. « Ce sentiment subjectif, je suis sûr qu’il existe. Mais où j’ai un doute, c’est que ça corresponde à une balle passée à 30 cm d’elle, parce que matériellement, ce dossier dit l’inverse. »

« La justice doit protéger son ex-compagne »

À l’heure du verdict, Zoé, qui avait assisté à toute l’audience, est restée stoïque. Mardi, sa déposition devant la cour, décrivant son compagnon comme un délinquant multirécidiviste (24 condamnations au casier judiciaire) et maltraitant, mais ne parvenant pas à dire s’il l’avait visée ou non lors des tirs, avait marqué les débats.

« La justice doit protéger Zoé, c’est uniquement ce que je demande », avait sollicité l’avocat en conclusion de sa plaidoirie.

Le prénom a été modifié.

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“À Martigues, le compagnon violent avait tiré au pistolet vers sa compagne avant de sauter du balcon”, La Provence, 19 décembre 2025